CUNFRATERNITA SANT ANTONE ABBATE

ARCHICONFRATERNITAS SANCTAE MARIAE SUFFRAGI

Lors de la visite apostolique de Mgr Spinola en 1686, la présence d’un oratoire Santa Croce est mentionnée aux côtés de Notre Dame de la Consolation. Le terme « oratoire » est souvent employé pour situer le bâtiment ou se retrouvent les confrères. Existe-t-il une confrérie de ce nom à Lavatoghju ? Si tel a était le cas les deux confréries ont-elles existé en même temps ? Cette hypothèse pourrait être émise à la lecture du livre de comptes de la confrérie Sant Antone Abbate, en 1733, il est indiqué : « Antonpauolo a pigliato imprestito della Santa Croce di Lavatoggio lire diece e soldi sei ». En l’état, aucune autre source ne vient la valider même si un autre élément important la couleur de la mantiletta (camail) pourrait la conforter. En effet, elle est de couleur noire ; en règle générale les confréries vêtues de mantiletta noire sont dédiée à Santa Croce « Spuncatu » i cateri et muru per u crucifissu. Il est noté aussi à certaines dates la présence de 2 Prieurs et de 2 massari.
Il est intéressant de dire aussi que les confréries de Corses érigées sous le titre de Santa Croce, étaient des confréries de pénitents. Souvent placées sous le patronat de Sant Antone Abbate, San Roccu, San Sebastianu, elles rappellent les temps de peste que la Corse a connu au XIV (1347/1350).

Les messes célébrées pour la confrérie mettent aussi en évidence et plus particulièrement les fêtes : San Bernardino 1751, 1786 (20 mai) Sant’Antonio (précisé Abbate en 1786), en 1753 Santa Croce (du 3 mai) est aussi mentionnée. Il s’agit des trois célébrations qui reviennent les plus régulièrement par la suite.
En 1873, la messe de la Nativité et de Santa Croce sont dites dans la confrérie.
La première mention de la Madonna della Stella date de 1877 et de nouveau en 1888 ou 1889. Déjà en 1874, la messe du 8 septembre est dite à Bracaghju.

Les individus désirant devenir confère verse un droit d’entrée puis une tassa ou limosina tous les ans. Deux jours sont signalés comme donnant lieu à des entrées groupées le jour des Saints en 1876, le jeudi Saint en 1879. Des chiffres précis sur le nombre de confrères sont donnés essentiellement en 1781. Au total 233 individus sont inscrits sur le catalogo de la compagnia dont 34 sont exemptés de limosine.
La confrérie est nommée fratellanza, confraternità ou encore compagnia, comunità apparaît extrêmement rarement. Les confères eux-mêmes sont nommés fratelli ou compagni, les femmes les sorelle. Compagnia et fratellenza sont utilisés jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Les individus qui composent la direction de la confrérie sont les ufficiali, la sèdia est évoquée en 1859, en 1890, c’est le terme de sìndachi qui est utilisé. Le bâtiment est appelé oratorio (années 1820 précisé : oratorio Sant Antone), confraternità ou casazza (moins fréquemment).

Dans le registre de 1885 il est noté en titre : « Registro dei Fratelli e delle sorelle ascritti alla compagnia della Madonna del suffagio nella parrochja di Lavatoggio » Sont inscrit sur deux listes bien distinctes 78 hommes et 113 femmes.
La confrérie Sant Antone Abbate ou Santa Croce n’apparait pas dans ce registre.


Le registre d’inscription est tenu à jour jusqu’en 1941 il est noté également sur ce registre les décès (noté requiem), les droits de chaque confrère et consœur, (con tutta condizione, con tutti li soi diritti et tutta condizione, simplice accompagnamento) les fautes (casso per non pacare a limosina, casso per non metesi l'abito)

  • Ainsi que deux autres listes :
    « lista dei fratelli que possano mettesi la sua cape » les confrères qui peuvent porter l’habit.
  • « lista dei fratelli que possano portare i santi » les confrères qui peuvent porter les saints. Pour chaque saint sont notés quatre voire cinq noms de confrères.

Le macaron que portent les confrères à gauche de leur mantiletta porte l’inscription : Archiconfraternitas Sanctae Mariae Suffragii
Celui-ci représente un confrère versant de l’eau afin de purifier les âmes du purgatoire sous le regard de la Vierge Marie. Archiconfrérie signifierai être rattaché à toutes les confréries portant le nom de « sanctae mariae suffragii » à ce jour nous ne connaissons qu’une seule confrérie intitulée ainsi, elle se trouve en Italie dans la ville de Fano.

 

Confraternita di santa maria del suffragio In FANO ( Italie )Archiconfraternitas sanctae Mariae suffragii LAVATOGHHJU

 

Aujourd’hui aucun document ne permet de confirmer un lien entre ces deux confréries, pourtant de grandes similitudes apparaissent entre les deux macarons.

La présence d’un tableau et de la statue de Saint Antoine Abbé ne fait aucun doute qu’il s’agit bien de l’oratoire Saint Antoine Abbé, et de mémoire d’anciens de la confrérie du même nom.

 

La statue présente dans l’oratoire le tableau au- dessus de l’autel reprend à quelques détails près l’insigne porté par les confrères, sur ce tableau signé SUAREZ Sant Antone Abbate est représenté.

Quant aux quêtes qui de mémoire d’homme étaient laissées à la confrérie lorsque la messe était célébrée dans la casazza, il y a une quête mentionnée pour la première fois le 21 janvier 1884 réalisée à l’occasion de la bénédiction de Sant’Antonio qui sert certainement à rembourser les frais engagés pour l’achat de la statue car elle permet de réunir 161 francs.

En effet la statue de Saint Antoine Abbé est acheté en 1884, payée 300 francs. Cet achat nécessite d’acquérir un socle et une niche payés 199 francs (terminée le 18 mars 1884). La confrérie débourse aussi pour le transport 22.75 francs.

Il est parfois précisé que la cire est blanche (chandelles blanches pour la solennité de la Madone le 8 septembre 1800), ou rouge (pour la semaine sainte en 1793 et en 1815) Cera rossa pour chandelles pour le triangle jeudi Saint e bombace per fare les candele di sopra detto triangolo.

Pour l’accompagnement des défunts, il est parfois indiqué il mortorio (1815 et par la suite), parfois il funere (1825 et par la suite) et parfois per accompagnar. Le rôle de la confrérie dans le domaine de l’accompagnement des défunts est central. En effet, elle est pour les moins aisés un moyen de bénéficier de funérailles décentes (cierges, accompagnement du corps, messes post mortem) et fractionnant les dépenses. Lors des obsèques la présence de tous est obligatoire. Le registre mentionne la cire qui est donnée à chaque défunt.

L’entretien de l’oratoire est réalisé régulièrement tous les 3 ans, et c’est en 1890 que les bancs sont peints de couleur rouge pourpre probablement puisque c’est bien cette couleur que nous retrouvons dans l’oratoire.

A noter aussi, le fait que la confrérie n’a pas cessé de fonctionner pendant la Révolution française. Les confréries sont interdites par la loi du 18 août 1792 et ne sont autorisés de nouveau qu’après le Concordat. Cette interdiction a été fatale pour certaines d’entre-elles alors que d’autres continuent à fonctionner. Les comptes sont assez régulièrement présen-tés, la confrérie semble continuer à accompagner les défunts et les élections paraissent se poursuivre.

Son rôle social était une nécessité appréciée par tout un chacun. Considérée comme un contre-pouvoir, les autorités ecclésiastiques, ne l’appréciait guerre. Aujourd’hui tout est différent on ne rentre plus dans une confrérie par nécessité, mais par conviction, ou idéal culturel, les relations avec les autorités ecclésiastiques sont utiles et nécessaires pour le bien de notre église.

La confrérie de LAVATOGHJU s’est éteinte très certainement à partir des années 50, pour ne plus être active quelques années plus tard. L’après-guerre, le manque de travail ont joué un rôle déterminant sur la mise en sommeil de la confrérie. L'évolution et la modification de notre société en sont aussi un facteur important.

C’est le 1er juin 2003 à l’initiative de Francescu CROCE et Ruggeru LAURENTI qu’un premier contact, une approche, avec la population est établie afin d’amorcer la reconstitution de la confrérie. Les personnes présentes sont plutôt enchantées et soutiennent l’initiative.

Il faudra attendre le 30 mars 2004, pour établir une liste de noms qui assureront le fonctionnement de la confrérie.

Le 13 juin 2004, réunion des futurs confrères afin d’élire un prieur, un sous-prieur, un trésorier, et un secrétaire.

Les statuts sont votés et acceptés à l’unanimité.

Francescu CROCE : Piore
Cedric MAMBERTI  : Sottu piore
Ruggeru LAURENTI : Massaru
Patrick GIROZ : Secretariu
Stefanu CESARI
Luiggi De la rossat
Pasquale MARTELLI
Ghjuvanpetru MASSONI
Ghjuvanni PETRUCCI
Stefanu SUZZONI

Dimanche 29 août 2004 intronisation de la confrérie.
Éteinte depuis plus de 50 ans, avec l’aide et le soutien des autres confréries de BALAGNA, le chanoine PINELLI de CALVI qui a célébré la messe, et avec la volonté d’une poignée d’hommes ; ce jour a vu la renaissance de la confrérie :

Sant Antone Abbate

Archiconfraternitas Sanctae Mariae suffragii.

Aujourd’hui la confrérie se réunit toutes les semaines, un travail sur la recherche des chants sacrés, des rites, des cérémonies qu’assurait la confrérie auparavant est entrepris, c’est un travail de longue haleine et de patience.
Elle pratique le chant sacré et l’enseigne aux jeunes, ainsi que le respect. Elle participe aux cérémonies religieuses de la paroisse et des paroisses environnantes. Un registre des inscriptions est tenu à jour, ainsi qu’un journal relatant les déplacements et les cérémonies effectués par la confrérie.
Tous les trois ans ont lieu les élections du prieur, sous-prieur, et trésorier.

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